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VIDEO. Pourquoi «Le Grand bain» donne envie de se jeter à l’eau

COMEDIE « Le Grand bain », comédie signée Gilles Lellouche, est un feel good movie aussi original que réussi. « 20 Minutes » vous explique pourquoi…â

Ce n’est pas tous les jours que le cinéma français affiche une comédie française capable de rivaliser avec le meilleur de la comédie américaine. En plongeant la tête la première dans Le Grand bain (en salles mercredi 24 octobre), l’acteur et (désormais) réalisateur Gilles Lellouche signe un drôle de film à la fois profond et suffisamment universel pour faire rire au-delà de nos frontières.

A ce titre, il ne fallait pas s’étonner du succès de cette comédie lors de sa présentation (hors-compétition) au très international Festival de Cannes en mai dernier.

Le pitch est simple, mais original : Une bande de quadragénaires décatis trouve refuge à la piscine municipale. Là, ils vont découvrir les joies de la natation synchronisée sous la direction d’une ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là réservée à la gent féminine. L’idée est insolite, mais ce pari leur permettra peut-être de retrouver un sens à la vie…

https://www.ultimedia.com/default/index/videogeneric/id/ml3kpk/showtitle/1/viewnc/1/mdtk/01357940/zone/1

Un casting d’enfer (et une direction au top)

La principale réussite du film tient au casting. La fine équipe de nageurs artistiques réunit quand même Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Guillaume Canet, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade, Félix Moati, Alban Ivanov et Balasingham Thamilchelvan. Les rôles sont d’importance à peu près équivalente et tous sont particulièrement crédibles. « Je voulais leur faire pratiquer une discipline qui les fragilise et les oblige à être solidaires », expliquait à Cannes Gilles Lellouche, qui ne joue pas dans son film parce qu’il « ne se voyait pas diriger Le Grand bain en slip ».

STUDIOCANAL

@STUDIOCANAL

La natation synchronisée c’est pas donné à tout le monde ! 🏊‍♂️

Découvrez l’entraînement intensif de nos héros du Grand Bain avant de les retrouver dans vos cinémas mercredi prochain
➡️http://bit.ly/LeGrandBain_Seances 

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On lui sait gré aussi de ne pas avoir négligé les rôles féminins : Marina Foïs, épouse attentive de Mathieu Amalric, mais surtout Virginie Efira et Leila Bekhti, en entraîneuses rivales aussi complémentaires que convaincantes. Tout ce beau monde ne serait rien sans une direction au top. « Nous ne nous sommes pas mis la pression, confie Philippe Katerine à 20Minutes. Ce sont plutôt Gilles Lellouche et Julie Fabre [la coach de l’équipe de France de natation artistique, appelée en renfort] qui ont eu peur devant notre niveau de départ… Mais on a fini par se débrouiller ! »

Un scénario malin (avec ce qu’il faut de suspens et de rebondissement)

Et si ce feel-good movie était plutôt un feel-bad movie? Car le film raconte à quel point la vie peut faire des dégâts. Chacun des personnages le sait, sans forcément s’épancher auprès des autres. Le spectateur est davantage dans la confidence puisqu’il continue de suivre l’histoire de chacun hors des bassins.

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Amalric en dépressif chronique qui passe ses journées à jouer à Candy Crush sur le canapé du salon, première bonne idée. Poelvoorde en vendeur de piscines roublard mais au bord de la faillite, deuxième bonne idée. Anglade en ex-rock star éternellement sur le retour, troisième bonne idée… Et des comme celles-là, il y en a autant que de personnages.

Quand tous ces bras cassés s’unissent pour improviser une équipe de France masculine de natation synchronisée, l’incrédulité laisse place au suspens et aux rebondissements, comme tout bon film à concours où les challengers partent avec de sacrés handicaps.

De l’humour et de l’effroi (une comédie avec du fond)

Mais le mieux, c’est que Le Grand Bain n’est pas seulement une bête comédie pleine de gags savoureux : il y a du fond dedans. Pour filer la métaphore aquatique, on dira que c’est un film qui plonge au plus profond de la psyché de ses personnages (tous ont des problèmes relationnels, de dépression, d’estime de soi). C’est aussi une oeuvre collective où chaque individu, par ses interactions avec les autres, renforce le groupe.

Le Grand Bain est une comédie chorale, aussi sensible et finaude que l’étaient La Famille Bélier (d’Eric Lartigau, 2014) ou Le Sens de la fête (de Nakache et Tolédano, 2017), mais dont l’argument quitte la sphère de l’intime (la famille, le couple) pour devenir sociétal, avec des bras cassés qui tentent de réparer leurs blessures de la vie. Cette notion d’effort qui repose sur la solidarité d’un groupe improbable, fait du Grand Bain le petit cousin de The Full Monty, film britannique déjà ancien (signé Peter Cattaneo, 1997) où des chômeurs britanniques se lançaient dans le strip-tease pour sortir de la crise.