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VIDEO. «Gilets jaunes»: Apolitique, complotiste, radicalisé… Qui est Eric Drouet, le leader de la contestation sociale?

PORTRAIT Le chauffeur routier de Seine-et-Marne, devenu l’un des visages de la mobilisation sociale, galvanise aujourd’hui autant les « gilets jaunes » qu’il exaspère les autorités…

Il affirme œuvrer « sans intérêt personnel » à faire plier le gouvernement pour « la famille » des « gilets jaunes ». Initiateur de la première mobilisation du 17 novembre,Éric Drouet, chauffeur routier de Seine-et-Marne, est devenu l’un des visages de la contestation sociale. Sa détermination galvanise aujourd’hui autant les « gilets jaunes » qu’elle exaspère les autorités.

Soutenu par le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon qui exprime sa « fascination » pour sa « sage et totale détermination », il a une nouvelle fois été projeté sous le feu médiatique après son arrestation lors d’une marche organisée à Paris mercredi soir, la deuxième interpellation en onze jours. Il avait déjà été arrêté le 22 décembre durant l’acte 6 de la mobilisation dans la capitale, et sera jugé le 5 juin pour « port d’arme prohibé ». Portrait de ce « gilet jaune » propulsé malgré lui sur le devant de la scène, et qui suscite aujourd’hui controverses et interrogations.

  • Apolitique

Sollicité par les médias et le gouvernement, Éric Drouet se défend d’être un leader du mouvement, mais ses prises de parole, qu’il diffuse lors de Facebook Live souvent réalisées depuis la cabine de son camion, sont très écoutées. Son groupe Facebook La France en colère !!! est d’ailleurs suivi par près de 300.000 membres. Pour beaucoup, ce père de famille de 33 ans originaire de Melun est le garant de l’indépendance du mouvement contre les instrumentalisations et récupérations politiques. Il affirme lui-même être « totalement apolitique » et assume un simple rôle de « porte-parole » chargé de relayer les demandes qui remontent des ronds-points.

Certains lui prêtent toutefois des affinités politiques, à l’extrême gauche ou à l’extrême droite. Suspecté d’avoir voté pour le Front national de Marine Le Pen lors des deux tours de la présidentielle de 2017, le chauffeur routier a rapidement démenti. « Non je n’ai pas voté FN et même si je l’avais fait, c’est pas la question du jour !! On est tous d’horizon différent et c’est bien notre force !!». Contactés par 20 Minutes, des « gilets jaunes » faisant partie des huit porte-parole désignés au début du mouvement, se sont refusés à tout commentaire le concernant.

  • Complotiste ?

S’il reste méfiant vis-à-vis de la plupart des thèses complotistes qui nourrissent parfois la colère des « gilets jaunes », il adhère volontiers à d’autres théories conspirationnistes, comme celles sur le Pacte de Marrakech sur les migrations. Au cours d’un échange filmé avec Maxime Nicolle, alias Fly Rider, autre « gilet jaune » très suivi, les deux hommes avaient évoqué ce pacte signé par la France, affirmant que cet accord avait pour but « d’accueillir 480 millions de migrants sur huit pays différents » et que « la France allait céder son siège au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Dans une autre vidéo, repérée par La Croix, il évoque également l’influence des médias lors de la dernière présidentielle. « Les candidats n’ont pas les mêmes moyens financiers car les banques achètent les médias pour faire monter leurs candidats. Ceux-ci médiatisent légèrement les autres pour faire croire qu’ils ont tous la même chance », expliquait-il face à la caméra.

  • Radicalisé

Alors même qu’il n’était pas le plus virulent des « gilets jaunes », son discours s’est clairement radicalisé ces dernières semaines, notamment quand il a appelé à un putsch, « à rentrer dans l’Elysée »​. « Tous les gens veulent aller là-haut, c’est le symbole de ce gouvernement », avait lancé l’intéressé sur BFMTV le 5 décembre. Et une fois devant ? « On rentre dedans (…) pour être écoutés », avait-il insisté. « Ne jamais mettre en cause ma détermination ça serait mal me connaître !! Je crois plus en cette République dsl (désolé) !!», avait-il ensuite ajouté sur Facebook. Ces propos tenus à la veille de l’acte 4, lui ont valu l’ouverture d’une enquête pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit et organisation d’une manifestation illicite ».

Dans une vidéo publiée ce mercredi sur Youtube, il a cette fois appelé à « choquer l’opinion » avec une action sur les Champs-Elysées. « On va pas faire une grosse action mais on veut choquer l’opinion publique. Il y aura des médias. Ça va être une grosse action (…) Ce soir on veut choquer l’opinion publique. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec les images (…) On va tous y aller sans gilet, comme la semaine dernière », expliquait-il dans cette vidéo. Eric Drouet a été interpellé le soir même pour « manifestation non déclarée ». Il risque jusqu’à six mois de prison et 7.500 euros d’amende.