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VIDEO. Cinq choses à savoir sur les fèves (pour faire le malin au moment de la galette)

GALETTE DES ROIS En Loire-Atlantique, le musée de Blain possède l’une des plus grandes collections de fèves en Europe. Il répond à nos questions…

Il en possède environ 100.000, rangées dans des boîtes et tiroirs. Soit l’une des plus grandes collections d’Europe. En Loire-Atlantique, le musée de Blain, au nord de Nantes, est le spécialiste de la fève de la galette des rois. Quelque 10.000 exemplaires sont exposés dans ses vitrines. L’occasion d’en savoir plus sur cet accessoire incontournable, que beaucoup de Français collectionnent secrètement chez eux.

Pourquoi met-on des fèves dans la galette des rois ?

« A l’origine, la fève était ce légume semblable à un haricot qu’on mettait dans une galette ou un gâteau pour désigner le roi du jour », explique Stéphanie Briand-Viaud, responsable du musée de Blain. La pratique remonte à l’Antiquité mais elle s’est véritablement développée au Moyen-Âge pour célébrer l’Epiphanie. La fève pouvait symboliser la fortune ou la fécondité. Menacée de disparaître pendant la Révolution française, la galette des rois traversa les époques. « Aujourd’hui, on en consomme dès la fin décembre et tout le mois de janvier. »

En quoi les fèves sont-elles fabriquées ?

La fève végétale a été utilisée jusqu’au XXe siècle. « Les premières fèves en porcelaine ont été fabriquées en 1874 en Allemagne. Il a fallu attendre la Première Guerre mondiale pour que les Français se lancent à leur tour dans la fabrication, dans la région de Limoges [Haute-Vienne]. » Les années 1960 ont été marquées par l’arrivée de fèves en plastique, souvent blanches et plates. « On en trouve encore dans les galettes briochées », constate Stéphanie Briand-Viaud. Enfin, dans les années 1990, sont apparues des fèves en pâte de verre, en métal doré et, surtout, en céramique. « La céramique est maintenant ultra-majoritaire. Et à 95 % made in China. »

Quelles sont les modes et tendances ?

« Pendant longtemps, les fèves représentaient des symboles religieux : la Vierge marie, l’ange, le roi mage, l’enfant… Ensuite, la demande a évolué et la plupart des thèmes ont été déclinés. » Le musée de Blain en donne un large aperçu : voitures, animaux, jouets miniatures, cartes géographiques à reconstituer, symboles régionaux, sports, arts de la table, célébrités… « Maintenant, c’est surtout l’actualité [Coupe du monde, Jeux olympiques, mort de Johnny…] qui donne le tempo. Et bien sûr le cinéma. Walt-Disney sort chaque année des séries qui ont un grand succès. » La politique ne fait pas exception. Le musée expose ainsi plusieurs fèves représentant des candidats à la présidentielle. De même que des symboles embarrassants « comme le scooter de François Hollande ou le Kärcher de Nicolas Sarkozy ».

Combien valent les fèves de collection ?

« Ça dépend de leur âge, de leur rareté et de leur fabricant », explique Stéphanie Briand-Viaud. Entre fabophiles, comme on appelle les collectionneurs de fèves, les modèles les plus recherchés sont ceux travaillés à la main par un artisan. « Quand on regarde le niveau de détails, on voit facilement la différence avec les fèves industrielles. » Mais celles qui s’échangent le plus cher sont généralement les fèves anciennes, en particulier celles conçues avant 1914. Le musée de Blain en possède 2.033, issues d’un don d’une collectionneuse parisienne. « Leur valeur va de 2.000 euros, comme ce petit ange de 1900, à plusieurs dizaines d’euros. »

Y a-t-il des fèves et galettes à l’étranger ?

Pas vraiment. On en trouve un petit peu en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis. « Mais c’est avant tout une spécialité française. Même les Espagnols, qui fêtent les Rois mages, n’en ont pas. » Plus de 30 millions de galettes sont vendues chaque année en France. « De plus en plus de consommateurs choisissent la galette en fonction de la fève, indique la responsable du musée. Les commerçants ont bien compris l’intérêt de se démarquer. Il y a même des passionnés qui vont acheter leur série de fèves directement chez le boulanger sans la galette. »