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Prison de Condé-sur-Sarthe : Après la prise d’otages, une partie des surveillants n’a pas pris son service

FRONDE La prison n’est néanmoins pas bloquée, comme après l’attaque de mars dernier

Une cinquantaine de surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) refusent mercredi de prendre leur service et manifestent devant l’entrée de l’établissement au lendemain de la prise d’otages de deux surveillants par un détenu. « Nous demandons plus d’écoute, car nous savions que ce détenu allait passer à l’acte, il avait changé de comportement et nous avions fait remonter l’information. Pourtant, il était classé auxiliaire, c’est-à-dire qu’il aidait à servir les repas, à faire le nettoyage, tout cela pour acheter la paix sociale », a déclaré Frédéric Eko, membre du Snepap-FSU.

L’administration pénitentiaire a indiqué qu’une partie des personnels présents était venue « suite à ce qu’il s’est passé mardi » tandis qu’une autre « devait prendre son service et ne l’a pas fait ». « Il n’y a pas de blocage de l’établissement », a-t-elle toutefois précisé.

Cinq heures de prise d’otage

La prise d’otages s’est déroulée mardi soir, trois mois après l’attaque de deux surveillants par un détenu radicalisé, qui avait provoqué un vaste mouvement social dans les prisons françaises. Le détenu, Francis Dorffer, « armé visiblement d’une arme artisanale, un pic », selon une source syndicale pénitentiaire, a retenu pendant près de cinq heures dans sa cellule un surveillant et une stagiaire. Libérés en deux temps, avant et après minuit, les personnels pénitentiaires sont sains et saufs. Le détenu s’est rendu vers 0h30.

Libérable en 2060, Francis Dorffer, né en 1984, est associé à au moins cinq autres prises d’otages. Classé « DPS » (détenu particulièrement signalé) et connu pour des troubles psychiatriques, il « n’est pas incarcéré pour des faits de terrorisme », selon l’administration pénitentiaire.

« On nous demande de faire remonter toutes les informations auprès de la direction mais cela n’est pas suivi de mesures. Quand un détenu est susceptible de passer à l’acte, nous voulons qu’il soit isolé des autres », insiste Frédéric Eko. « Cela devient récurrent dans cet établissement qui est anxiogène. C’est comme si tout le monde s’attendait à ce qu’il s’est passé hier. On est perdus, on est paumés », a regretté de son côté Alassane Sall, de FO-pénitentiaire, pour qui « les leçons n’ont pas été tirées ».