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Pesticides: La fin du métam-sodium va-t-elle changer les pratiques des producteurs de mâche?

PESTICIDES Les produits à base de métam-sodium ont été interdits à la vente, lundi…

« Une décision couperet qui mettrait gravement en péril la filière ». Au surlendemain de l’interdiction des produits à base de métam-sodium, la pilule a du mal à passer à la fédération des maraîchers nantais. Le pesticide controversé, que ces professionnels jugent comme « l’une des meilleures solutions techniques » pour la préparation de semis de mâches et autres légumes, va bel et bien disparaître des rayons.

Une décision de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui estime, après des dizaines d’intoxications dans le Maine-et-Loire, que ces produits représentent « des risques inacceptables pour la santé humaine et environnementale », ajoutant « avoir des questions sur le risque pour le consommateur ». L’agence a calculé que « 700 tonnes » de ces substances sont utilisées chaque année en France, la majeure partie en Loire-Atlantique.

Quelles autres méthodes ?

Les 200 maraîchers nantais, eux, ne veulent pas s’avouer vaincus et demandent « que leur expertise du sujet soit entendue ». Du coup, c’est silence radio quand on essaye de les interroger à propos des conséquences sur leurs pratiques. Aucun des agriculteurs que 20 Minutes a contacté mardi n’a souhaité expliquer comment ils allaient désormais s’y prendre. « Ils n’ont pas vraiment intérêt à dire que des alternatives existent », glisse un producteur de légumes bio.

Lorsque l’affaire a éclaté, en octobre, la fédération des maraîchers avait avoué essayer de réduire l’utilisation du pesticide depuis plusieurs années, jugeant cependant les autres techniques « trop coûteuses et trop chronophages ». La désinfection à la vapeur, qui a fait ses preuves, est décrite comme très énergivore au vu de la taille des parcelles. La solarisation (qui permet une désinfection en utilisation la chaleur des rayons du soleil) est décrite comme très compliquée à mettre en œuvre dans la région…

S’inspirer du bio

« Ça ne m’étonne pas qu’ils se retrouvent dans une impasse, à force de considérer qu’ils avaient entre les mains un produit miracle, réagit Céline Girault, directrice du groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique. Ils peuvent rebondir à condition qu’ils remettent en cause leur modèle, qui consiste à produire toujours plus et toujours moins cher. D’abord, en faisant une rotation des cultures : ne pas toujours cultiver le même type de légume au même endroit permet d’améliorer la qualité du sol. »

Avec quelles autres techniques ? « Il y a par exemple la méthode des faux semis qui consiste à préparer le sol plusieurs fois comme si on allait semer, dans le but de réduire le stock de mauvaises herbes de façon naturelle, détaille Maxime Renou, technicien en maraîchage bio. Il y a aussi le désherbage thermique, grâce à du gaz qui brûle les mauvaises herbes en une fraction de seconde. Ça demande davantage de main d’œuvre, c’est sûr, mais ça marche bien. »