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Mayenne: Trente religieuses quittent leur congrégation après de «profonds désaccords»

RELIGION La congrégation des Petites sœurs de Marie a perdu l’essentiel de ses membres en raison d’un accord avec leur autorité


Le diocèse de Laval a annoncé mardi le départ de 29 des 35 sœurs de leur congrégation, les Petites sœurs de Marie, un fait rare lié à des « désaccords profonds » entre l’institut et l’évêque de Laval. « L’Église, ne pouvant retenir contre leur gré des religieuses ou encore ne pouvant accepter des modes de gouvernement contraires à l’esprit de l’Évangile ou au bien des personnes, a donc accordé le départ de 29 sœurs sur 35 », indique le diocèse dans un communiqué.

Plusieurs années de conflit

« Malgré de nombreux efforts de médiation, aucune solution n’a pu être trouvée », justifie le diocèse qui évoque des départs liés à « des désaccords profonds [qui] ont surgi entre la Congrégation des Petites Sœurs de Marie et Mgr Scherrer, évêque de Laval, leur supérieur ecclésiastique, au sujet du gouvernement exercé dans la congrégation ».

Des désaccords qui datent de plusieurs années et portent autant sur la gestion des trois Ehpad sous la responsabilité des Petites Sœurs de Marie que sur le mode de vie au sein de la congrégation de Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne). Les religieuses seraient en effet jugées trop conservatrices. « Nous avons compris que les autorités ecclésiastiques voulaient aussi nous faire changer notre manière de vivre notre vie religieuse, à l’instar des orientations actuelles… », déplorent les sœurs dans un communiqué.

Elles voulaient une nouvelle supérieure

Placées en 2017 sous l’autorité d’une congrégation romaine, une sœur auxiliatrice y a été nommée « commissaire apostolique » et exerce « temporairement le gouvernement de la congrégation en vue d’un retour à sa pleine autonomie ».

Mais selon le diocèse, « certaines Petites Sœurs ont, dans un premier temps, refusé de recevoir la commissaire » apostolique. Et « les sœurs ont décidé de manière unilatérale d’arrêter (sa) mission » et « d’organiser un Chapitre pour nommer une nouvelle supérieure, Chapitre qui n’est pas canoniquement valide », souligne le diocèse.

Le Vatican les relève de leurs vœux

Les sœurs « ont demandé à être relevées de leurs vœux » et « le Saint-Siège leur a répondu en insistant sur la gravité et les conséquences de leur demande. Elles ont maintenu leur demande », rapporte le diocèse. « Nous en sommes profondément meurtries et demeurons douloureusement surprises que Rome ait préféré faire droit à cette demande plutôt que d’accéder aux solutions d’apaisement que nous avions proposées et qui étaient à notre portée », regrettent les sœurs.

A l’issue d’un délai de rétractation, « la congrégation est dorénavant composée de six sœurs » et « n’est pas dissoute », indique le diocèse qui souligne que les religieuses vont être accompagnées financièrement par leur congrégation.

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