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Lyon : Comment des machines promettent d’améliorer les greffes de foie

GREFFE HEPATHIQUE Les HCL mènent une étude, en lien avec cinq autres hôpitaux, destinée à mesurer l’efficacité de machines pour améliorer la qualité et in fine le nombre des greffons transplantables

Des machines au service des greffes de foie. Depuis le 1er septembre, le service de greffe hépatique de la Croix-Rousse, à Lyon, étudie l’efficacité du Liver-Assist, un appareil fabriqué aux Pays-Bas destiné à améliorer la qualité des greffons transplantables.

Les Hospices civils de Lyon (HCL) font partie des cinq établissements hospitaliers français, avec Lille, Rennes, Strasbourg, Villejuif et Beaujon (AP-HP), à participer à ce programme de recherche clinique. « Nous allons mesurer l’intérêt de cette machine de perfusion hépatique pour les foies marginaux. Il s’agit de greffons un peu plus fragiles qui proviennent par exemple de donneurs plus âgés ayant eu, au cours de leur vie, du diabète ou des problèmes cardiologiques », indique le professeur Mickael Lesurtel, chirurgien greffeur à la Croix-Rousse dans le service du professeur Mabrut.

Pour des greffons fragiles qui peuvent s’abîmer avant d’être transplantés

Ces foies marginaux sont depuis toujours utilisés pour sauver la vie de receveurs dont le pronostic vital est engagé. Mais lors du transport entre le donneur et le patient à greffer, qui s’élève parfois à des centaines de kilomètres, ces greffons sont moins résistants. « C’est comme une batterie. Si vous la débranchez et que vous la transportez dans le froid pendant plusieurs heures, elle se décharge et il y a un risque qu’elle reparte moins vite lorsque vous la brancherez à nouveau », illustre le professeur lyonnais.

Sans apport d’oxygène par le sang, le foie peut se vider lorsqu’il est transporté dans la glace pour être greffé. « Et au moment où il est implanté dans le donneur, il pourra avoir du mal à redémarrer », ajoute Mickael Lesurtel. La machine testée doit permettre d’ « optimiser » le greffon en palliant ce manque d’oxygène. Placé à l’intérieur de l’appareil pendant une à quatre heures, le greffon bénéficie d’un apport d’oxygène, de nutriments et d’antioxydants.

Le Liver-assist dans lequel est placé le greffon avant d'être transplanté.
Le Liver-assist dans lequel est placé le greffon avant d’être transplanté. – HCL

Moins de complications pour le greffé

L’enjeu de programme de recherche pour les patients greffés (90 en 2018 à Lyon, 1.300 en France) est essentiel. « Un greffon plus fragile est exposé à plus de rejet. Mais le vrai problème, c’est surtout qu’une fois transplanté, s’il a plus de mal à redémarrer chez le receveur, le foie risque de dysfonctionner et d’exposer le patient à des complications après la greffe », ajoute le chirurgien. Des complications pouvant aller de la jaunisse à des hémorragies internes.

Pour mesurer l’impact des machines sur la qualité du foie, des essais comparatifs vont être menés pendant trois ans dans les six hôpitaux impliqués sur deux groupes. Le premier bénéficiera d’un greffon passé dans la machine, le second d’une greffe classique sans machine.

Un foie placé dans la machine où il bénéficie notamment d'un apport en oxygène et nutriments.
Un foie placé dans la machine où il bénéficie notamment d’un apport en oxygène et nutriments. – HCL

Un enjeu important face à la pénurie d’organes

Si l’efficacité de ce dispositif médical est prouvée au terme de l’étude, l’utilisation des machines pourrait permettre d’améliorer les greffes de foie et d’augmenter le nombre de greffons transplantables dans un contexte de pénurie d’organes, ajoutent les Hospices civils de Lyon.

En France, la demande d’organe dépasse largement l’offre, avec un greffon disponible pour 2.3 receveurs. Les patients devant bénéficier d’une greffe de foie souffrent le plus souvent de cirrhose due à l’alcool ou à la maladie (hépatite B et C), du syndrome du foie gras ou d’un cancer du foie au stade primitif. Le taux de survie, cinq ans après la gerffe, est de 75 % à 80 %.