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Lille : Une rétine bionique développée à partir d’un neurone électronique

SANTE La biotech lilloise qui porte le projet vient de lever les fonds nécessaires pour lancer la phase pré-clinique


Un projet visionnaire. La start-up de biotechnologie Axorus, incubée à Eurasanté, a créé une rétine artificielle fonctionnant à l’aide d’un neurone électronique. Leur ambition est de permettre aux personnes atteintes de maladies rétiniennes, notamment la  déficience maculaire liée à l’âge (DMLA), de recouvrer une bonne acuité visuelle. Le domaine d’application de leur technologie devrait néanmoins s’avérer beaucoup plus large.

L’idée de base est d’implanter, derrière la rétine biologique, une rétine artificielle dont la fonction sera de faire le travail des cellules endommagées. « La rétine artificielle récupère la lumière et la transforme en impulsions électriques comme le font les photorécepteurs dans un œil sain », explique Jean-Damien Louise, l’un des trois fondateurs d’Axorus. Les avantages de ce dispositif sont doubles : l’implant ne se voit pas et il fonctionne de manière autonome : « Le système est auto alimenté grâce à la lumière qui traverse l’œil, un peu comme un panneau photovoltaïque », poursuit le scientifique.

« Cette rétine va nous servir de preuve de concept »

Grâce à une levée de fonds de près de 900.000 euros, Axorus va pouvoir lancer la phase de tests pré-clinique de ses prototypes. Chez l’homme, ce ne sera pas avant trois ans. Si cette rétine bionique est sans doute très attendue chez les quelque cent millions de personnes atteintes de DMLA dans le monde, elle est néanmoins presque anecdotique : « Cette rétine va nous servir de preuve de concept pour démontrer l’efficacité de ce qui est au cœur du projet, le neurone électronique », précise Jean-Damien Louise.

Car les applications de ce neurone électronique, inventé par les laboratoires lillois IEMN et IRCICA (CNRS), iront bien au-delà de la rétine bionique : « Ce neurone permet de communiquer dans les deux sens avec le système nerveux. Donc, en théorie, il pourrait être utilisé pour traiter de nombreuses maladies neurodégénératives, comme Parkinson par exemple », avance le fondateur d’Axorus.

La petite biothech, qui ne compte pour l’instant que trois associés, se voit dans le futur comme le Intel de la bionique. « Comme Intel fournit des microprocesseurs qui ont permis l’éclosion de l’industrie informatique, Axorus va fournir des neuro-implants qui vont servir à développer une industrie autour des applications possibles », espère Jean-Damien Louise.