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Lille: Quand la musicothérapie sort des murs de l’hôpital

SANTE Une jeune soignante tente de développer la thérapie musicale auprès de jeunes anorexiques et boulimiques

La musicothérapie adoucit la vie. Le Crédit Mutuel du Nord ne s’y est pas trompé en accordant son premier prix et une aide de 30.000 euros à un projet de thérapie musicale sur l’épanouissement et l’insertion. Une manne financière qui doit permettre à Andréa Schindler et l’association L’art à Lille de mener à bien des ateliers hors les murs de l’hôpital lillois Saint-Vincent-de-Paul, où la jeune femme travaille depuis un an.

« J’ai commencé dans le service des soins palliatifs, avant d’intégrer aussi le service psychiatrie auprès de jeunes anorexiques et boulimiques », raconte la jeune lauréate, titulaire d’un master 2 de musicothérapie acquis à la Sorbonne.

« L’idée, c’est d’utiliser la musique pour faire émerger des émotions et permettre le lâcher prise pour que les patients puissent s’ouvrir au monde », résume Vincent Dodin, chef du service psychiatrie à Saint-Vincent. D’ailleurs, ce dernier soutient aussi un autre projet d’art-thérapie lié, cette fois, à la danse : un atelier animé par une Brésilienne issue des favelas.

Historiquement, il y avait une musicothérapeute à l’hôpital, mais elle est partie à la retraite. Andréa Schindler a donc pris le relais. Originaire de Dordogne, elle est arrivée à Lille, il y a quatre ans, à la fin de ses études. Et avec une idée en tête : mettre sa passion au service du bien-être de la personne.

Dix ans de conservatoire de piano

« Même si on n’en a jamais fait, la musique a un lien très fort avec les émotions. Cette médiation facilite le travail de la parole pour retrouver confiance et estime de soi », précise Andréa Schindler. La passion est née très jeune, à l’âge de 8 ans. « J’ai suivi dix ans de conservatoire de piano, raconte-t-elle. A 17 ans, j’ai entendu parler de musicothérapie. Je me suis dit que c’était ma voie car j’ai toujours souhaité aider les autres ».

Dans une salle dédiée de l’hôpital, l’atelier de musicothérapie permet l’évasion. « C’est un moment de pause », avoue une adolescente suivie pour anorexie. Après quatre mois de soins, elle a appris à « sentir l’intérieur du corps résonner » lors de séances de mouvements, mais aussi à « jouer avec le rythme de la musique ».

A partir de novembre 2019, ce travail thérapeutique pourra être effectué hors de l’hôpital autour de créations de cartes postales sonores, mêlant, l’image, le texte et une ambiance sonore. Deux autres musiciens (avec qui elle a monté un groupe de pop folk baptisé Call of the trees) et un spécialiste de l’écriture l’épauleront dans ce nouveau projet.SANTÉ