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Lille: «Le Blues du chat», un roman policier teinté d’humour qui se passe dans le Nord

INTERVIEW L’écrivaine Sophie Chabanel reprend son duo de flics lillois pour livrer une deuxième enquête, dans un roman policier baptisé « Le Blues du chat »

C’est le retour du chat Ruru. Et des deux flics lillois qui vont avec dans l’univers de Sophie Chabanel : le commissaire Romano et son adjoint Tellier. La romancière sort, ce jeudi, un nouveau policier teinté d’humour, baptisé Le Blues du chat (éditions Seuil) et qui fait suite à La griffe du chat, sorti il y a un an. On y retrouve les états d’âme du duo qui enquête, cette fois, sur la mort mystérieuse d’un homme d’affaires victime d’une allergie aux crevettes.

Comment sont nés les personnages du commissaire Romano et de son adjoint Tellier ?

Le duo de policiers est une figure très classique. Je voulais que la cheffe soit une femme grande gueule, un peu langue de vipère et cynique. Par contraste, son acolyte devait être hypersensible, écorché vif, prompt à s’insurger et à enfourcher de nombreuses causes.

Il y a un côté autobiographique…

Disons que je me sers de cet adjoint comme porte-parole des sujets qui me tiennent à cœur. J’en rajoute car ce doit être romanesque, mais je partage ses idées.

Et l’histoire parallèle du chat ?

Ce chat qui s’appelle Ruru dans le livre existe vraiment. C’est le mien et il s’appelle aussi Ruru. Et comme dans l’histoire, il n’est pas très svelte.

Pourquoi avoir choisi Lille comme décor ?

C’est une ville que je connais bien, même si j’habite à Lyon. Ma belle-famille habite dans le Nord, donc j’y vais au moins une fois par an. Le premier policier, qui mettait en scène Romano et Tellier, évoquait la Première Guerre mondiale. Il me fallait donc une ville proche du front. J’ai gardé logiquement Lille pour la suite.

Attachez-vous beaucoup d’importance aux repères géographiques ?

Oui et non. Je garde une certaine liberté mais, par exemple, j’ai pris plaisir à parcourir le quartier de Wazemmes pour donner un aspect réaliste aux descriptions des lieux. Sinon, j’ai lu un ouvrage sur la sociologie de Lille pour m’imprégner de l’atmosphère générale de la ville. Lille était comparée à Marseille sur le fait qu’il existe encore un contraste entre quartiers riches et pauvres, dans le centre-ville.

Vous décrivez aussi deux lieux de Roubaix : le Non-Lieu et la Chaufferie. Vous les connaissez ?

J’ai visité le Non-Lieu, contrairement à la Chaufferie que j’ai découvert sur Internet. Je cherchais un lieu festif, vaguement industriel, avec un roof top. Au départ, j’avais décrit un endroit vague, mais j’ai trouvé que ce serait plus vivant si j’ancrais l’action dans un vrai lieu. J’ai passé du temps pour trouver, mais j’étais ravie de ma trouvaille. C’est exactement ce que je recherchais.

Les enquêtes de Romano et Tellier connaîtront-elles une suite ?

J’y travaille. Mais c’est encore trop tôt pour en parler. Je ne vis pas de mes romans. Je continue à travailler, à côté, comme journaliste et formatrice, notamment en organisant des ateliers d’écriture en entreprise.

Vous êtes devenue écrivain sur le tard…

J’ai étudié à HEC Paris avant de travailler en entreprise puis dans une association de réinsertion. J’écris depuis que je suis toute petite mais le goût de la lecture de polars, de romans de gare, m’est venu en prenant le train. Je suis fan de Fred Vargas, San Antonio ou encore Michael Connelly. Ensuite, j’ai eu envie d’écrire ce genre de littérature sans trop chercher d’inspiration.