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Lille: Le conseiller artistique de Lille 3000 épinglé pour ses «rémunérations confortables»

 L’ex-directeur de Lille 3000, Didier Fusillier, touchait 75 % de son salaire au Manège de Maubeuge, alors qu’il était employé à tiers-temps…

En 2015, Le Canard enchaîné avait pointé sa rémunération hors norme à La Vilette. Cette fois, c’est la chambre régionale des comptes (CRC) des Hauts-de-France qui épingle un des anciens salaires de Didier Fusillier, président de La Villette, mais aussi ex-directeur et toujours conseiller artistique de Lille 3000. Un tiers-temps payé 75 %.

Dans un rapport consacré au budget de la scène nationale Le Manège de Maubeuge, dans le Nord, la CRC consacre un paragraphe au directeur de ce lieu culturel, entre 1990 et 2015. Créateur du Manège de Maubeuge en 1990, Didier Fusillier a été nommé en 1993, directeur de la maison des arts et de la culture de Créteil, puis directeur de Lille 2004, devenu Lille 3000, en 1999.

Trois emplois simultanément

« La quotité prévue par son contrat de travail en 1993, correspondant à un tiers-temps, n’a pas été revue à cette occasion, alors même que M. Didier Fusillier se trouvait placé dans la situation d’assurer trois emplois simultanément », écrit la CRC.

La juridiction de contrôle estime que « la rémunération versée par Le manège de Maubeuge aurait dû être corrigée à hauteur de la quotité de travail réellement effectuée sur place, soit 33,33 % d’une quotité pleine ».

Or, avec un tiers-temps l’intéressé avait gardé un salaire de 75 %. Entre juin 2014 et mai 2015, il a ainsi touché 62.000 euros nets, soit en moyenne, 5.200 euros par mois. « Des rémunérations confortables », estime la CRC, « pour une activité équivalente à un temps partiel de 33,33 % ».

Un salaire « calculé au niveau de l’Etat »

S’agissant du cumul de fonctions, Didier Fusillier répond à la CRC qu’il ne s’agissait pas d’un souhait personnel. Il précise aussi que son salaire a été « calculé au niveau de l’Etat », en fonction de l’ensemble de ses charges, et a été porté à la connaissance du conseil d’administration de chacune des institutions culturelles concernées.

Selon lui, « les montants [semblent] répondre aux obligations et aux responsabilités de direction qui n’avaient en rien été réduites dans chaque structure ».

Concernant son salaire à La Villette, c’était l’Inspection générale des finances qui avait tiqué sur une rémunération annuelle de 162.000 euros, laquelle correspondait à 54 % de plus que son prédécesseur.