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Les policiers municipaux désormais dotés d’un troisième œil

La ville s’est équipée de caméras-piétons pour filmer les interventions de sa police municipale…

Vidéo embarquée. Depuis mardi, les agents de la police municipale de Lille ont un nouvel outil à leur disposition : des caméras-piétons. Ce matériel a été acheté pour faire face à « l’évolution de la délinquance » explique la mairie dans un communiqué. L’expérimentation doit durer un an.

Ce sont treize caméras-piétons qui circulent désormais dans les rues de Lille, accrochées sur le torse des policiers municipaux. Elles sont réparties entre les services : trois pour le secteur Nord, trois pour le Sud, trois à la brigade nocturne, trois pour les agents de Lomme et une à la fourrière.

Utilisation très réglementée

« Ce sont des caméras spécifiques pour un usage police, non de simples GoPro, explique Franck Hanoh, adjoint à la sécurité de Lille. Leur utilisation est très réglementée et encadrée. Comme pour de la vidéosurveillance ». Registre de perception, accès restreint aux images, charte, durée limitée de conservation des enregistrements de six mois à trois ans…

Et si les mauvaises langues appellent ça la «caméra anti-bavure », Franck Hanoh, lui, préfère utiliser le terme d’« équipement de protection individuel ». « Bizarrement, cette caméra protège aussi l’agent car la simple possibilité de déclencher l’enregistrement calme parfois certaines ardeurs », affirme-t-il. Et si la ville a choisi de tester ce dispositif, c’est tout simplement parce que la loi le lui permet depuis décembre 2016. « Il n’y a pas eu d’élément déclencheur particulier, poursuit l’élu. Mais très souvent, lorsqu’il y a une intervention, c’est encore mieux pour protéger les policiers de pouvoir produire un enregistrement vidéo ».

Mais est-ce vraiment utile ? C’est au terme de l’expérimentation que l’on pourra répondre à cette question. Avec seulement trois jours d’utilisation à Lille, l’adjoint à la sécurité n’a pas encore d’exemple concret à produire. Il affirme néanmoins que les enregistrements pourront servir d’éléments de preuve en cas d’intervention débouchant sur une procédure judiciaire. Information confirmée à 20 Minutes par une source judiciaire.

Mais, pour cela, encore faut-il que l’agent ait pensé, ou jugé opportun, de déclencher sa caméra. « La caméra-piéton ne filme pas sans arrêt. C’est au policier d’estimer si son intervention nécessite d’être enregistrée et non à la personne en face de lui », reconnaît Franck Hanoh.