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Le SCOT adopté : la métropole lilloise de demain est en chemin

Le document a été adopté à l’unanimité le 10 février par les 133 maires des communes de la MEL. Il grave dans le marbre les grandes orientations d’aménagement et d’urbanisme de la métropole lilloise pour les vingt prochaines années.

Six mois de consultations administratives et plus de 67 réunions : c’est ce qu’il aura fallu pour aboutir à l’adoption du SCOT par les acteurs de la Métropole européenne de Lille. Marc-Philippe Daubresse, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, a salué ce travail, mardi matin, lors d’une conférence de presse.

De quoi parle-t-on ? Les Schémas de cohérence territoriale (SCOT), créés par la loi de solidarité et de renouvellement urbain en 2000, sont des documents d’urbanisme et de planification qui visent à mettre en cohérence les aménagements du territoire et les politiques sectorielles en matière d’habitat, de développement économique, de transports, de grands équipements publics, de commerce, d’environnement ou encore d’énergies renouvelables. Le SCOT de Lille Métropole a été adopté le 10 février. Son périmètre couvre les communautés de communes de la MEL, de la Pévèle et de la Haute-Deûle, soit 133 communes pour 1,25 million d’habitants.

Comme le prévoit la loi, le gouvernement a deux mois pour rendre le SCOT opérationnel. Et ensuite, la Métropole s’attaquera au Plan local d’urbanisme (PLU). Ils viendront renforcer le «  plan Marshall pour les territoires  » que la MEL a engagé, fixant les grandes orientations d’aménagement et d’urbanisme de la métropole lilloise pour les vingt prochaines années. Dans le cadre du PLU, la MEL a lancé, en février 2015, une consultation citoyenne, à l’image de « Je participe ». Celle-ci est ouverte jusqu’au 1er avril.

Quel est l’objectif ? Deux grandes lignes directrices ont servi de fil conducteur à la réflexion. « Développer, dynamiser, fluidifier », d’un côté ; « Protéger, préserver, reconquérir », de l’autre.

Derrière la première ambition, la volonté d’accroître le dynamisme économique de la métropole lilloise pour en faire «  la locomotive de la grande région  », de renforcer la coopération transfrontalière (les intercommunalités belges ont été associées à la réflexion) et d’essayer de soulager la thrombose routière ; derrière l’autre ambition, la préservation du cadre de vie, la confirmation clairement énoncée du rôle agricole de la métropole lilloise (la plus agricole de France) et le renforcement de la transition énergétique en enclenchant la «  troisième révolution industrielle  ».

Et concrètement, ça donne quoi ?

Derrière ces intentions un peu abstraites couchées sur le papier, des illustrations concrètes, déclinées par thématiques : le contournement routier Sud-Est de Lille avec l’aménagement de zones d’activités, la préservation de la vocation agricole de la plaine de Bouvines, la construction de 150 000 nouveaux logements d’ici à 2035… «  On parle de centaines de milliers d’emplois dans le bâtiment, avec près de 2 milliards d’euros de nouvelles constructions », affirme Marc-Philippe Daubresse. Le maire de Lambersart, vice-président de la MEL en charge de l’urbanisme, a piloté l’élaboration du SCOT en tant que président de l’Agence de développement et d’urbanisme. Il assure qu’une soixantaine de projets du SCOT sont déjà mûrs, et devraient voir le jour d’ici à l’examen du PLU le 7 juillet prochain, «  avec des résultats visibles d’ici trois ans ! ». Il avait aussi été question d’un golf à Lambersart, mais celui-ci a été abandonné sous la pression des riverains, et remplacé par une promesse de logements et d’espaces verts. À plus long terme, le projet de tram-train, en jachère depuis plusieurs années, pourrait voir le jour. «  Ce n’est pas pour tout de suite, mais en prévoyant un tracé pour le tram-train, on a voulu laisser à nos successeurs cette possibilité  », se félicite la MEL.