Home>environnement>Le Japon, pays le plus exposé aux événements climatiques extrêmes en 2018
environnement Faits Divers Météo

Le Japon, pays le plus exposé aux événements climatiques extrêmes en 2018

CATASTROPHE NATURELLE Canicule, ouragan, sécheresse, inondation… Dans son Climate Risk Index qu’elle publie ce mercredi, l’ONG allemande Germanwatch compile les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’année écoulée

CATASTROPHE NATURELLE Canicule, ouragan, sécheresse, inondation… Dans son Climate Risk Index qu’elle publie ce mercredi, l’ONG allemande Germanwatch compile les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’année écoulée

Avec 1.282 morts et près de 36 milliards de dollars de pertes enregistrées, soit 0,64 % de son PIB, le Japon a été le pays plus vulnérable aux événements climatiques extrême en 2018.

Depuis quinze ans, l’ONG allemande Germanwatch tient ainsi les comptes des phénomènes météorologiques extrêmes, liés aux changements climatiques, et de leurs conséquences sur les pays dans son Climate Risk Index. La dernière édition est présentée ce mercredi à Madrid, où se déroule la COP25.

9.013 morts en 2018 et 238 milliards de dollars de pertes économiques

Canicule, sécheresse, inondations, ouragan… Il n’est pas toujours simple de lier la survenue d’un événement extrême au changement climatique induit par l’homme, commence Germanwatch. Néanmoins, tout un corpus d’études scientifiques montre aujourd’hui que le changement climatique est un facteur aggravant. Il accroît la survenue et l’intensité de ces événements, précise l’ONG allemande.

Autre certitude : ces événements climatiques extrêmes font des dégâts. Sur l’année 2018, le Climate Risk Index comptabilise 9.013 morts causés à travers le monde par ces phénomènes météorologiques et chiffre les pertes économiques à 238 milliards de dollars. Si on fait le calcul sur les vingt dernières années – de 1999 à 2018 –, environ 495.000 personnes sont décédées des suites directes d’un des 12.000 événements climatiques extrêmes survenus sur cette période.

Les pertes économiques s’élèvent à 3,54 trillions de dollars américains. Puerto Rico, le Myanmar (Birmanie) et Haïti sont les pays les plus affectés sur les vingt dernières années. Mais ces événements climatiques extrêmes affectent aussi les pays les plus riches du monde.

Le Japon premier, l’Allemagne troisième

En témoigne ce nouvel index qui compile les données 2018. Le Japon grimpe sur la plus haute marche des pays impactés, tandis que l’Allemagne est troisième, avec 1.256 morts et 5 milliards de dollars de pertes.

Le premier a notamment essuyé la succession quasi ininterrompue de trois événements climatiques extrêmes à l’été 2018. Cela a commencé par les fortes pluies qui se sont abattues entre le 6 et le 8 juillet sur le pays, précise Germanwatch. Plus de 200 mm sont ainsi tombés par jour, un niveau deux fois plus important que les précipitations habituellement enregistrées, le jour le plus humide de l’année, au Japon. Cet épisode a entraîné la mort de 200 personnes, détruit plus de 5.000 habitations et engendré 7 milliards de dollars de pertes. A ses fortes pluies a succédé un intense épisode de canicule, de mi-juillet jusqu’à la fin août (138 décès et plus de 70.000 personnes hospitalisées). Enfin, en septembre, le Japon a vu débouler le typhon Jebi, le plus violent à avoir frappé le pays ces vingt-cinq dernières années. Il a coûté la vie à 17 personnes et engendré plus de 12 milliards de dollars de pertes.

Pour sa part, l’Allemagne a connu en 2018 la seconde année la plus chaude depuis le début des relevés de températures, en 1881. La canicule de l’été 2018 – le mercure est monté jusqu’à 40,5 °C dans l’ouest de l’Allemagne (record battu encore l’été dernier)– a été sévère, causant la mort de 124 personnes.

La France au 15e rang sur les vingt dernières années

C’est l’un des enseignements de ce 15e Climate Risk Index d’ailleurs : les résultats reflètent les dommages croissants causés par les vagues de chaleur, dont les scientifiques ont constaté qu’elles sont aggravées par le changement climatique.

Dans les dix pays les plus affectés en 2018 par des événements climatiques extrêmes, on trouve sinon les Philippines, deuxième, Madagascar (4e), l’Inde (5e), le Sri Lanka (6e), le Kenya (7e) et le Rwanda (8e), le Canada (9e) et les Fidji (10e). Et la France ? Elle est classée au 34e rang des pays les plus touchés, alors qu’elle était au 18e rang au dernier index (qui portait donc sur l’année 2017). En revanche, sur les vingt dernières années, la France est le 15e pays le plus exposé au monde, le 4e même en termes de nombres de décès (8e si l’on rapporte ce nombre de décès à la population totale). Le pays est aussi le 12e le plus exposé en termes de pertes économiques, mais le 96e seulement si on rapporte les pertes au PIB.

Un sujet à l’agenda de la COP 25

Ce rapport ne devrait pas passer inaperçu à la COP 25. La question de l’aide financière pour les pertes et dommages liés au climat est l’un des deux sujets majeurs sur la table des négociations. « On parle ici des impacts du changement climatique auxquels on ne pourra pas s’adapter, détaillait Armelle Lecomte, d’Oxfam France, en amont de la COP. Typiquement : l’élévation du niveau des mers et ses conséquences. La perte de terres cultivables, la destruction d’habitations, les déplacements de population. »

L’ONG Germanwatch attend beaucoup de ces négociations à Madrid. « Non seulement cette COP doit permettre de déterminer les besoins de soutien des pays les plus vulnérables aux événements climatiques extrêmes futurs, mais elle doit aussi déterminer la marche à suivre pour dégager des ressources financières pérennes afin de répondre aux besoins de ces pays vulnérables. Le tout en continuant à mettre en œuvre, en parallèle, la nécessaire adaptation au changement climatique. »