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Hauts-de-France: Evadé de prison en France, il devient un boxeur reconnu en Asie

SOCIETE Un jeune délinquant de l’Oise en cavale a connu une certaine célébrité en Asie grâce à la boxe thaïe avant d’être rattrapé par la justice

Un destin hors du commun. C’est l’histoire d’un jeune homme originaire de l’Oise qui aurait pu rester  délinquant. Des conneries, Karl Consil en a fait un paquet. La dernière lui a d’ailleurs valu de passer quelques années derrière les barreaux dans la prison de Bapaume (Pas-de-Calais). Sauf que, au lieu de purger sa peine, il a un peu forcé le destin en s’évadant. Il a été rattrapé par la justice après un périple de cinq ans en Asie au cours duquel il était devenu champion de boxe thaïe.

En 2008, Karl est condamné à une peine de cinq ans de prison dans une affaire de stupéfiants et de séquestration. En 2012, alors que la quille approche, le jeune homme se voit infliger une sanction disciplinaire qui doit allonger son séjour à l’ombre de deux ans. C’est là qu’il craque.

Il débarque à Bangkok sans rien

Lors d’une permission, il se fait la belle. Sa famille tente de le raisonner, mais il ne veut pas retourner en prison. Alors il dégote 2.000 euros et file aux Pays-Bas avec une idée en tête : se rendre en Thaïlande et devenir boxeur. « Quand il débarque à Bangkok, il ne connaît personne, ne parle pas anglais, n’a plus que 200 euros en poche et ne sait pas boxer », explique maître Alex Ursulet, son avocat.

Il prend une chambre d’hôtel, enfile son short de boxe, son maillot du PSG et se pointe au Lumpinee, le club de boxe le plus réputé. Il se paye une première leçon de 4 heures puis enchaîne les entraînements. Quinze jours après son arrivée, il dispute son premier combat et le remporte. « Sa rage et son physique lui permettent d’enchaîner les victoires », assure l’avocat. Il se fait rapidement un nom, Wesson Consil, et apprend même le thaï.

Trop exposé en Thaïlande, il part en Chine

Mais sa notoriété naissante risque de lui poser des problèmes, Karl n’ayant plus de visa. En 2013, il décide de quitter la Thaïlande pour la Chine. Arrivé à Shanghai, le natif de l’Oise fréquente les salles de boxe et rencontre assez vite Silas, patron du club Fighter Unite : « J’ai été son coach pendant un an et lui ai procuré près de 50 combats », se souvient le manager américain.

Selon le coach, les meilleurs combattants chinois veulent affronter son poulain français. « Il pouvait être rémunéré jusqu’à 1.000 dollars par combat », assure Silas. Mais la relation entre Karl et son coach tourne au vinaigre pour des raisons radicalement différentes selon la version de l’un ou de l’autre. Toujours est-il qu’en 2014 Karl doit s’enfuir de Shanghai par crainte d’être arrêté.

La fin d’une cavale de six ans

Il se pose dans un bled de la campagne chinoise avec pour seuls bagages sa réputation et sa maîtrise de la langue locale. Il dispute des combats moins médiatisés et donne des cours de boxe aux jeunes du village. Pour maître Ursulet, « Karl a trouvé son équilibre dans cette nouvelle vie ». Et cela va durer quatre ans.

Fin 2018, Karl tombe sur un contrôle de police alors qu’il mange dans un McDonald’s. En situation irrégulière, il est interpellé et extradé vers la France. Mi-janvier 2019, il est jugé par le tribunal d’Arras pour son évasion et condamné à un an de prison ferme. « Une peine clémente », reconnaît son avocat. Avec les remises de peine, Karl peut espérer sortir dans six mois. Il aura 33 ans et quelques projets en tête.