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Etrange, étrange… «The Spy Gone North» triomphe à l’Etrange Festival

CINEMA Le festival parisien a dévoilé son palmarès dimanche. Le lauréat des deux trophées est un film sud-coréen dont l’aspect le plus étrange était sa présence en compétition…

En présentant la 24e édition de l’Etrange Festival, début septembre, 20 Minutes avait annoncé un menu «choquant», «surprenant», «clivant»… Entre le massacre dansé de Climax, le dernier Gaspar Noé, et l’iconoclaste super-héros gay de Fags in The Fast Lane – présentés hors compétition, la programmation de l’événement qui a secoué le Forum des images (Paris 1er) jusqu’à dimanche, était effectivement riche d’œuvres méritant ces qualificatifs.

On ne peut pas en dire autant de The Spy Gone North (en salle le 7 novembre), qui a signé un hold-up en s’adjugeant le Grand prix et le prix du public, les deux seuls trophées du palmarès côté longs-métrages. Mi-drame, mi-film d’espionnage, ce film de Yoon Jong-bin, inspiré de faits réels, raconte l’histoire d’un espion sud-coréen infiltré chez le voisin du nord au début des années 1990. Sans nier les qualités de ce film – la mise en scène d’un beau classicisme, l’analogie entre le récit intime des personnages et la grande histoire, en mode « si éloignés, si proches » -, sa présence en compétition pouvait poser question. L’Etrange festival se présentant comme « un repère de tout ce que la planète offre chaque année de films insolites, singuliers, rares, précieux », The Spy Gone North ne coche aucun de ces critères.

Un préférence pour « Utoya, 22 juillet »

Parmi les vingt et un films en compétition, on aurait plus facilement imaginé Mandy(bientôt disponible en vidéo) ou The House That Jack Built (en salle le 17 octobre) obtenir les faveurs du public. Le premier plante Nicolas Cage au cœur d’une histoire de vengeance qui fait alterner une esthétique expérimentale avec un aspect parodique plus bourrin. Le deuxième offre à Matt Dillon le meilleur rôle de sa carrière, celui d’un serial killer glaçant que Lars von Trier s’amuse à filmer comme son double métaphorique. Et, pour être honnête, on aurait bien aimé voir Utoya, 22 juillet(en salle le 12 décembre) primé. Erik Poppe relate en un plan séquence de près de 90 minutes l’attaque terroriste survenue sur l’île norvégienne en 2011. Le résultat dépasse le simple exercice de style et s’impose comme une véritable expérience de cinéma, éprouvante pour le spectateur, qui le questionne sans cesse sur son voyeurisme.

L’Etrange Festival, qui a par ailleurs récompensé deux courts-métrages, l’américain Falling (Grand prix) et le français Mucre (prix du public), fêtera l’an prochain sa 25e édition. Que l’on espère pleine d’inquiétante étrangeté…