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Des gendarmes ont-ils visé des street medics avec du gaz lacrymogène à Metz?

FAKE OFF Une vidéo virale montre des street medics recevoir un tir de gaz lacrymogène des forces de l’ordre alors qu’ils soignent un blessé à Metz (Moselle)

Rassemblés autour d’un « gilet jaune » blessé à la tête, des street medics s’affairent pour le soigner lorsqu’un tir soudain de gaz lacrymogène provoque un mouvement de panique au sein du groupe. Ses membres se dispersent alors en criant « Y a un blessé ! », dans l’espoir d’être entendu, depuis le pont voisin, par les forces de l’ordre à l’origine de ce coup.

« Des street medics (en train de soigner un blessé) volontairement gazés par les milices [de] Castaner ! » affirme, en légende de cette vidéo visionnée plus de 24.000 fois, la page Facebook « Dégageons Macron ».

Cette scène, filmée à Metz (Moselle) le 9 février, pendant l’acte 13 des « gilets jaunes », a d’abord été diffusée sur le compte d’un « gilet jaune » local, qui l’avait accompagné d’une légende factuelle : « ACTE XIII Metz [des] street medics se font gazer pendant qu’ils soignaient un blessé »

FAKE OFF

Contactée par 20 Minutes, Amélie, l’une des street medics présentes à ce moment-là, raconte les faits qui se sont déroulés en fin d’après-midi rue Paul Tornow, juste devant le pont menant à la préfecture de la Moselle : « La situation s’était tendue, on se tenait sur les côtés, et un manifestant est arrivé avec une plaie au-dessus du crâne. On s’est mis près d’un banc et c’est là que ça a commencé à canarder, il y a eu plusieurs tirs. »

« Dans le mouvement de foule, tout le monde s’est dispersé, l’un de nos street medics s’est senti très mal, il est allé voir la colonne de gendarmes [positionnée sur le pont], et l’un d’eux lui a donné du décontaminant », précise-t-elle.

Yann Hornebeck, référent des street medics de Moselle, complète : « L’équipe, qui vient de Nancy et en était à l’une de ses premières interventions, aurait pu se réfugier sur sa gauche dans une arche menant sur une autre rue et ainsi se retrouver à l’abri. Elle a décidé de faire les soins sur place, alors qu’ils n’étaient pas urgents et en s’exposant, sachant qu’elle se trouvait entre les forces de l’ordre et un groupe de « gilets jaunes ». C’était une erreur tactique. »

Une vidéo tournée depuis l’autre côté du pont permet en effet d’observer la proximité d’une foule de « gilets jaunes » avec les street medics (à 2’39 » notamment), les deux groupes étant quasiment collés.

« A mon sens, les street medics n’étaient pas visés »

« La vidéo fait scandale parce qu’on dit que les forces de l’ordre ont « tiré sur les street medics » mais à mon sens ils n’étaient pas visés, elles devaient cibler les manifestants derrière. C’est un risque qu’on encourt pendant les manifestations, nous n’avons pas de statut spécial », poursuit le référent.

S’il est soulagé qu’il se soit agi de « simple » gaz lacrymogène et pas de tirs de LBD40, Yann Hornebeck tient toutefois à préciser : « Même si mes collègues ont commis des petites boulettes, ça n’excuse pas le comportement des forces de l’ordre si jamais le tir était volontaire ». Contactée par 20 Minutes, la gendarmerie nationale précise : « 53 gendarmes mobiles ont été déployés près de la préfecture de Metz samedi dernier, pour défendre le bâtiment ».

Vidéo intégrée

Ali Özkök@Ozkok_

Clashes between #GiletsJaunes and police forces in Metz, France.5120:08 – 9 févr. 201939 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

« Près de 2.000 manifestants dont quelques dizaines particulièrement virulents se sont dirigés vers la préfecture. Les manifestants les plus virulents ont lancé des engins explosifs artisanaux sur les gendarmes. La vitrine d’une banque et un distributeur de billets ont été détériorés, […] une grille d’avaloir, des pavés et des panneaux de signalisation ont été arrachés et un horodateur mis hors service. […] Le contexte était donc particulièrement compliqué et les forces de l’ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes », ajoute la gendarmerie nationale, précisant que quatre gendarmes ont été blessés, deux véhicules dégradés, et que sept interpellations ont eu lieu.

« On était au premier ban, on a fait au mieux », conclut pour sa part Amélie, alors que les street medics de Moselle ont depuis réalisé un retour d’expérience en interne pour inciter ses membres à se mettre à l’abri dans ce genre de situation.