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COP 24: Le réchauffement climatique risque de modifier l’agriculture dans les Hauts-de-France

AGRICULTURE Avec le changement climatique, quels changements va connaître l’agriculture dans les 20 ou 30 prochaines années? Les syndicats agricoles donnent leur points de vue.

Plantera-t-on de la vigne ou du soja ? Le réchauffement climatique qui semble inéluctable, va-t-il profondément modifier les habitudes agricoles dans les Hauts-de-France ? A l’heure où les pays du monde se réunissent en Pologne pour la COP 24, 20 Minutes a demandé leur avis aux trois principales organisations syndicales.

Des variétés bios plus résistantes

Du côté de la Confédération paysanne (CP), on assure que le sujet est préoccupant, même si des solutions existent déjà. « Ce ne sont pas 2° qui vont modifier profondément les cultures, note Pierre Damageux, adhérent à la CP. En bio, on utilise déjà des variétés plus résistantes. Quelque part, on a pris de l’avance. Cependant, on a vu l’incidence de la récente sécheresse dans l’Avesnois. Cela remet en cause le mode de production. »

Selon lui, c’est la gestion de l’eau qui va être au cœur des futures pratiques. « Il va falloir mettre en place des systèmes d’irrigation très performants plutôt que des canons en aspersion qui gaspillent cette eau », prévient-il. Cette problématique revient aussi à la Coordination rurale (CR) et à la Fédération régionale des exploitants agricoles (FRSEA), mais avec d’autres idées.

Augmenter le rendement

« La sécheresse provoque des baisses de rendement qui nuisent à la fixation du CO2. Car augmenter les rendements, c’est aussi une manière de fixer le carbone responsable du réchauffement climatique », assure Bruno Haas, élu (FRSEA) à la chambre régionale d’agriculture.

Lui prône plutôt la récupération des eaux de pluie : « Il faudrait la stocker et ou la faire s’infiltrer directement vers les nappes phréatiques plutôt que de la voir partir dans les rivières ». Ces nappes phréatiques que Carlos Descamps, président du CR 59, voudraient davantage protéger de l’urbanisation. « On a la chance d’avoir des terres humides et des réserves d’eau, mais ça pourrait ne pas durer si on ne change rien », précise-t-il.

Néanmoins, pour ce dernier, la sécheresse de cette année a quand même été bénéfique : « On a fait une moisson exceptionnelle et je n’ai jamais pu faire une aussi bonne récolte de maïs ». Mais il reconnaît qu’à l’avenir, « il faudra s’adapter ». « On travaille avec la nature, on sait le faire, mais il faut revenir sur certaines pratiques », insiste Carlos Descamps.

L’échange import-export risque de s’amplifier

Bertrand Mouillon, porte-parole de la CR 59, pointe un problème du doigt : « Au rythme où ça va, on risque de voir se multiplier des exploitations de plus en plus grandes qui se spécialisent dans une seule culture. Ce système va amplifier l’échange import-export sur le marché mondial, avec la multiplication de cargos alimentaires dans le monde. Et ce modèle va encore accentuer le changement climatique ».

Du côté de la FRSEA, on n’en démord pas, l’avenir appartient aussi à la mutagenèse des plantes, selon Bruno Haas. « Grâce à la génétique, on peut espérer inventer des variétés plus résistantes à la sécheresse », explique-t-il. Une vision qui divise toujours le monde agricole.