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Chine: La croissance chinoise au plus bas, une première depuis 27 ans

ECONOMIE La croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin


Au plus fort des tensions commerciales avec Washington, la croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre (+6,2 %), signant sa plus faible performance depuis au moins 27 ans, en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin.

Ce chiffre, conforme aux prévisions d’un panel d’experts sondés la semaine dernière par l’AFP, a été annoncé lundi par le Bureau national des statistiques (BNS). C’est la plus faible hausse du PIB depuis le début de la publication des données trimestrielles en 1992, selon l’agence Bloomberg.

Les incertitudes augmentent

« L’environnement économique est toujours compliqué, tant en Chine qu’à l’étranger, la croissance économique mondiale ralentit et les instabilités et incertitudes externes augmentent », a reconnu le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Le président américain Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer l’excédent commercial de la Chine vis-à-vis de son pays, a imposé l’an dernier des droits de douane punitifs sur de nombreux produits chinois.

Washington a décidé en mai de porter ces surtaxes douanières de 10 à 25 % sur 200 milliards de biens chinois exportés annuellement vers les Etats-Unis, après l’échec des pourparlers avec Pékin. Mais Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont décrété fin juin une trêve dans leur guerre commerciale après une rencontre à Osaka (Japon) lors du sommet du G20.

« Enormes répercussions »

« La guerre commerciale a d’énormes répercussions sur l’économie chinoise », estime Edward Moya, analyste du courtier Oanda. « Et comme les négociations peinent à réaliser des progrès significatifs, nous sommes certainement encore loin du creux de la vague pour l’économie chinoise », selon lui.

La semaine dernière, négociateurs chinois et américains ont repris le dialogue par téléphone sans toutefois annoncer de prochaine rencontre de haut niveau pour tenter de sortir de l’impasse. « Le fait qu’un indicateur économique soit conforme aux prévisions est tout de même un énorme soulagement », s’enthousiasme Stephen Innes, analyste de la société d’investissement Vanguard Markets.

Pour soutenir l’économie réelle, le gouvernement chinois s’est engagé en mars à baisser de près de 2.000 milliards de yuans (265 milliards d’euros) la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Pékin​ joue également les équilibristes, en essayant de soutenir les entreprises ayant besoin de crédit, mais sans trop gonfler leur endettement.

Des ventes solides

Mercredi, le Premier ministre chinois Li Keqiang a appelé à renforcer le soutien aux entreprises tournées vers l’international et promis des allégements fiscaux, au moment où Pékin peine avec ses exportations. Le mois dernier, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,3 % sur un an, après un rebond de 1,1 % en mai.

Les exportations, fortement pénalisées par la guerre commerciale, sont un des piliers de l’économie du géant asiatique. C’est la raison pour laquelle la Chine poursuit le rééquilibrage de son économie, en mettant davantage l’accent sur la consommation intérieure. Ces chiffres encourageants suggèrent que « la croissance est en train de se stabiliser » en Chine, estime Raymond Yeung.