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Allemagne : Après un revers électoral, Angela Merkel renonce à la présidence du parti CDU

POLITIQUE Une décision prise au lendemain d’un cuisant revers aux élections régionales…

Angela Merkel à Berlin, le 15 juin 2018. — Reiner Zensen/PHOTOWEB/SIPA

Angela Merkel va quitter la présidence de son parti chrétien-démocrate (CDU) en décembre, selon un responsable de la formation, au lendemain d’un cuisant revers électoral.

« Elle ne se représente plus à la présidence du parti », a indiqué un responsable du parti sous couvert d’anonymat, confirmant une information des éditions en ligne du magazine der Spiegel et du quotidien Handelsblatt. Le parti de centre droit d’Angela Merkel et son partenaire social-démocrate au sein de la coalition qui gouverne à Berlin ont subi de sévères pertes lors d’élections régionales clés, ce dimanche en Allemagne, rendant un peu plus incertaine la survie de son gouvernement.

Un recul de plus de dix points

Le parti conservateur de la chancelière (CDU) est arrivé en tête des élections régionales avec 27 à 28% des voix mais avec un recul de plus de 10 points par rapport au précédent scrutin en 2013. Elle en a tiré de premières conséquences en annonçant à ses troupes qu’elle quitterait en décembre la présidence de son parti de centre-droit CDU afin de préparer sa succession, tout en restant chancelière. Un premier pas vers la fin de sa carrière politique.

Le quatrième mandat qu’elle a entamé dans la douleur en mars, après d’interminables tractations pour former un gouvernement, se révélera probablement comme celui de trop. La recette du compromis permanent concoctée sous l’égide de la chancelière, entre son camp conservateur et les sociaux-démocrates, a fini par lasser les électeurs dans un monde politique allemand atomisé et électrisé par l’irruption de l’extrême droite anti-migrants.

Un score historiquement bas

Celle que les Allemands surnommaient affectueusement « Mutti » n’est « plus aussi incontestée qu’elle l’a été au cours des trois législatures précédentes », vient ainsi de lâcher son ancien ministre des Finances, Wolfgang Schaüble. Sous la pression de frondeurs de son parti, elle avait déjà nommé début 2018 comme numéro 2 de son parti une proche, Annegret Kramp-Karrenbauer, chargée de préparer un « renouveau ». Et elle s’est vue imposer récemment un nouveau président de son groupe parlementaire, plus critique.

Depuis un an, rien ne se passe comme prévu. Tout d’abord, sa famille politique conservatrice a enregistré lors des législatives de 2017 un score historiquement bas et vu une partie de ses électeurs préférer des formations hostiles à sa politique d’immigration longtemps généreuse, l’extrême droite et les Libéraux. C’est à l’automne 2015 que tout a basculé, lorsque Angela Merkel décide d’ouvrir son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile. Malgré les inquiétudes de l’opinion, elle promet de les intégrer et de les protéger.