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Affaire Fillon: Ce qu’il faut retenir de la publication des 19 procès verbaux du PenelopeGate

Dix-neuf proches des Fillon on été entendus par les policiers…

L’enquête porte le numéro 17.025.000.146. Dans ce « dossier Fillon », aucun détail ne nous aura été épargné. En tout, 19 témoins ont été entendus par les policiers sur 5 infractions présumées des époux : détournements de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafics d’influence et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Le JDD publie un résumé de ces dépositions. On découvre une vraie galerie de personnages qui ont gravité autour des Fillon : des témoins à charge, et à décharge.

  • Pénélope Fillon détaille ses missions auprès de son mari

On attendait de connaître concrètementla nature du travail de l’épouse de François Fillon. Penelope en donne le détail : « J’ouvrais le courrier, arrivant à mon domicile, je le triais, je réfléchissais à ce que l’on pourrait faire pour y répondre… ». Elle rédigeait également « des fiches, des mémos » et assistait à des manifestations locales. Un travail qui n’a jamais donné lieu à une production écrite, qui pourrait faire office de preuve. Elle reconnaît également ne jamais s’être rendue à l’Assemblée nationale.

Concernant ses fiches de lecture pour la Revue des deux mondes, elle dit en avoir rédigé « une quinzaine » : « je recevais deux ou trois livres tous les deux mois », précise-t-elle, en indiquant avoir été payée par chèque chaque mois. Cette mission a pris fin en 2013.

 

  • François Fillon peu loquace

La déclaration du candidat à l’élection présidentielle fait 9 pages, soit deux fois moins que celle de sa femme. « Je pense que mon épouse a été et est indirectement la victime du conflit entre Marc de Lacharrière et le directeur Michel Crépu », explique-t-il en faisant référence à la rivalité entre les deux hommes à la tête de la Revue des deux mondes. Concernant son travail d’attaché parlementaire, il précise que ces emplois sont « à la discrétion » de l’employeur, et qu’il n’y a pas lieu de contrôler leur travail.

  • Les témoignages encombrants d’anciennes assistantes de François Fillon

Nathalie Blin a été l’assistante de François Fillon pendant plusieurs années. Elle n’a jamais côtoyé Penelope Fillon personnellement mais savait que la femme de Fillon était son assistante parlementaire : « Ce que je sais, c’est que ma rémunération à moi a été diminuée de moitié pour permettre la rémunération de Mme Fillon. »
Une autre assistante, Elisabeth Dosso, « ignorait » que Penelope Fillon était assistante parlementaire et qu’elle exerçait un rôle de relais entre son mari et les électeurs.

  • Sylvie Fourmont, ancienne assistante, à la rescousse des Fillon

L’assistante « historique » de François Fillon assure qu’elle connaissait le rôle d’assistante parlementaire de Penelope Fillon : « elle me fait réserver les dates pour lesquelles son mari doit être présent… Elle décide qu’il doit participer à tel ou tel événement. » Anne Fauger, ex-assistante elle aussi, confirme : elle a « toujours su que Penelope Fillon avait joué un rôle auprès de son mari », tout en ignorant qu’elle était « rémunérée » pour cela.

  • Tensions à la «Revue des deux mondes»

D’un côté, il y a l’ancien directeur Michel Crépu. Il a confié avoir reçu un coup de fil du propriétaire du journal Marc Ladreit de Lacharrière, pour lui demander de confier des fiches de lecture à Penelope Fillon qui « s’ennuyait ». Il confirme en avoir reçu deux et les avoir publiées.

Mais il assure avoir découvert dans le Canard Enchaîné que la femme de François Fillon avait été rémunérée : « Cela m’a fait l’effet de quelque chose de tout à fait irréel. ». Et l’ancien directeur de porter l’estocade : « Assurément, pour moi ce contrat est fictif ».

De l’autre côté, il y a le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la holding Fimalac, qui assure avoir fixé lui-même la rémunération de Penelope Fillon, à 47.304 euros net par an, « un des plus bas salaires des cadres de Fimalac », explique-t-il. Il a remis aux enquêteurs 4 autres fiches de lecture rédigées par l’épouse de François Fillon. Il dénonce au sein du magazine « une véritable hostilité » envers elle.

 

  • Marie et Charles, les enfants du couple, expliquent leur rémunération

Marie Fillon, payée 2.300 euros mensuels comme collaboratrice de son père au Sénat, explique avoir travaillé « les week-ends et lorsqu’[elle avait] du temps libre ». Elle conciliait alors ses études et un emploi à plein temps d’assistante parlementaire. Son frère Charles, raconte n’avoir jamais travaillé sur la présidentielle, mais « sur les questions institutionnelles » et « le thème de l’état actionnaire ».

Au-delà de ces 10 témoins, 9 autres personnes ont livré leur vérité aux policiers. Ces témoignages épaississent un dossier sensible à moins de deux mois de l’élection présidentielle. Le compte à rebours est lancé pour François Fillon : le 15 mars, il sera auditionné par le juge Serge Tournaire, en vue d’une possible mise en examen.