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Accident de car scolaire près d’Arras : Le camionneur était drogué à l’héroïne

Les analyses pratiquées sur le chauffeur d’un camion après le choc mortel avec un car scolaire, en novembre dans le Pas-de-Calais, révèlent la présence d’héroïne et de morphine…

Plus de 4 mois après, les analyses de sang ont livré leur vérité. Le conducteur d’un camion de betteraves, qui avait heurté un car scolaire le 14 novembre sur la RN25 entre Arras et Doullens, vient d’être déferré ce mardi, en vue d’un procès pour homicide involontaire. Une audience en comparution immédiate, cet après-midi, fixera la date du procès et déterminera si le mis en cause est placé en détention provisoire.

Le conducteur avait été placé en garde à vue le lundi 27 mars. D’après le site internet de la Voix du Nord, les prélèvements effectués après l’accident ont révélé la présence de morphine et d’héroïne dans son corps. Or le chauffeur n’a pas été en mesure de fournir une explication à la présence de ces deux substances opiacées dans son sang.

Il ne « s’explique pas » la présence des substances

L’accident, intervenu sur la route de l’école un lundi matin, avait tué la conductrice du car scolaire, âgée de 47 ans, et grièvement blessé deux enfants, dont l’un a dû être amputé des deux pieds.

Avant de placer le chauffeur du camion en garde à vue, la justice a pris le temps de vérifier que la morphine ne lui avait pas été administrée pour raison médicale, après l’accident.

Élise Bozzolo, la vice-procureure de la République, à Arras, indique que le chauffeur « ne s’explique pas » la présence de morphine et d’héroïne dans ses veines. Cependant « il ne nie pas explicitement » s’être drogué, précise la magistrate, qui estime que le conducteur se « victimise ».

Le mis en cause, âgé de 36 ans, dont le casier judiciaire porte 5 mentions, a déjà été condamné trois fois pour trafic et détention d’héroïne. Néanmoins, la dernière condamnation pour ce motif date de 2009.

Vu en train de faire des embardées

Dans les jours qui ont suivi le dramatique accident, les premiers éléments récoltés avaient rapidement orienté les enquêteurs vers l’hypothèse d’un endormissement du chauffeur, qui aurait dévié de sa route pour heurter le car scolaire de plein fouet.

Selon Élise Bozzolo, deux témoignages rapportent avoir vu le camion de betteraves faire des embardées peu avant le choc. Un enfant, posté à un arrêt sur le bord de la route, assure même que le camion a « tapé dans une bordure ».

En outre, une source judiciaire indique que plusieurs collègues du camionneur l’ont entendu se plaindre, sur la CB (communication radio entre routiers), du fait qu’il était fatigué à sa prise de poste, à 5h du matin, environ 2h30 avant l’accident. La vice-procureure estime néanmoins que les temps de repos ont été respectés par son employeur, son dernier poste datant de l’avant-veille.

Le conducteur risque jusqu’à sept ans de prison. Eu égard à ses antécédents judiciaires, le parquet d’Arras va demander son placement en détention provisoire, en attendant le procès.