Home>JUSTICE>Accident de car près d’Arras: Une enquête trop rapide pour l’avocat du camionneur
JUSTICE Lille

Accident de car près d’Arras: Une enquête trop rapide pour l’avocat du camionneur

Le conducteur du camion qui a violemment heurté un car scolaire en tuant sa conductrice et blessant douze enfants, a été condamné à 3 ans et demi de prison ferme…

  • Six mois après l’accident mortel entre un poids-lourd et un car scolaire, le tribunal correctionnel d’Arras a condamné le camionneur à 3 ans et demi de prison ferme.
  • L’avocat du chauffeur de poids-lourd regrette la rapidité du jugement, et le fait qu’aucune information judiciaire n’ait été ouverte

D’un point de vue judiciaire, c’est presque un cas exemplaire : six mois seulement après l’accident sur la RN25, qui a coûté la vie à une conductrice de car scolaire, et blessé douze élèves, le conducteur du camion mis en cause a été condamné, lundi soir, à trois ans et demi de prison ferme.

Les juges ont considéré que l’enquête préliminaire, menée tambour-battant sous la responsabilité de la vice-procureure Élise Bozzolo, avait bien permis d’établir la responsabilité du chauffeur de poids-lourd, auteur d’une probable embardée mortelle un lundi de novembre, entre Doullens et Arras (Pas-de-Calais).

Une enquête rapide

En quelques semaines, les enquêteurs ont ainsi collecté les témoignages relevant l’état de fatigue manifeste de Grégory Vasseur ce matin-là, vérifié que l’entreprise pour laquelle il travaillait respectait bien les normes de sécurité, que le camion et la route étaient en bon état, et enfin retrouvé des traces de stupéfiants (morphine, héroïne) dans le sang du chauffeur.

CQFD ? Cette célérité n’est pas du goût de l’avocat du condamné. Au lendemain du procès, Me Sébastien Blanchart continue d’estimer qu’un complément d’information aurait dû être accordé à son client. « L’enquête préliminaire n’a pas permis d’écarter la possibilité d’une interaction médicamenteuse, qui aurait provoqué le malaise de mon client », estime Me Blanchart.

En outre, selon le défenseur, un délai supplémentaire aurait permis « un procès apaisé », au lieu de quoi, d’après lui, « on a mis les juges devant le fait accompli (…) dans une salle d’audience qui n’était pas neutre parce que le soufflé n’était pas retombé ».

Des moyens suffisants, pour le parquet

La vice-procureure Élise Bozzolo s’en défend. La magistrate assume le fait de n’avoir pas ouvert d’information judiciaire, simplement parce que les services du procureur de la République d’Arras « étaient en capacité de mener les investigations ».

« Cela a permis de mener exactement les mêmes actes d’enquête que ne l’aurait fait un juge d’instruction », garantit-elle, un point de vue confirmé par les juges à l’audience de lundi.

Le condamné, qui est emprisonné, n’a pas encore évoqué son intention de faire appel. Il a dix jours pour soulever cette possibilité, à compter du jugement.